MONASTÈRE INTÉRIEUR.
Rechercher
 
 

Résultats par :
 


Rechercher Recherche avancée

Derniers sujets
» "Pardon" en Bretagne
Sam 23 Juil - 22:30 par Vévette

» En hommage à notre Maman à Tous - Marie -
Lun 18 Juil - 20:34 par myrdhin

» Présentation
Lun 18 Juil - 20:22 par myrdhin

» nouveau site
Dim 10 Juil - 18:57 par Philippe

» construction pour fondation
Ven 1 Juil - 11:04 par Philippe

» Présentation
Ven 1 Juil - 10:13 par Philippe

» Des lectures
Jeu 30 Juin - 21:51 par père émérite

» Garabandal
Dim 26 Juin - 11:22 par Philippe

» Tout se réalise
Dim 26 Juin - 11:16 par Philippe


26 mai 2013: Le baptême des Veilleurs.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

26 mai 2013: Le baptême des Veilleurs.

Message par Philippe le Dim 9 Mar - 14:48

 Le passage en force.

Invalides, 26 mai 19h30. La manif se termine et je vais rentrer chez moi. Au loin vers le pont neuf, des milliers de casseurs chargent les flics, qui chargent à leur tour……dans un triste Tango, sans roses ni parfum sinon celui du lacrymo qui embaume l'air. Mais le Lacrymo 2013 à l'instar du Lacryma Christie est un très bon millésime, à consommer toutefois avec une extrême modération. A mes cotés 5000 veilleurs commencent leur nuit, mais c'est bon ça-y-est j'ai déjà donné ; je vais rentrer chez moi prendre un bon petit café ? Soudain au hasard du vent, un nuage de gaze lacrymogène s'abat sur les veilleurs, qui ne bougent pas d'un poil. Cette fois je suis touché au cœur et je les rejoins en leur disant : "bon, je ne voulais pas rester, mais si on vous gaze, moi je reste". "Et pourquoi tu ne voulais pas rester" me demandent t'ils ? Réponse : "par paresse". 

Mais le gazage se précise, et cette fois-ci une grenade lacrymogène explose tout près de nous et non des casseurs, sans doute lancée par erreur ou par un CRS trop zélé. Personne ne bouge, mais c'est absolument insupportable. Je ne peux plus respirer et mes poumons sont à deux doigts de se bloquer. Du coup je me lève, je m'approche des CRS et je leur crie :
" Contraire à la loi, si un ordre est contraire à la loi, vous êtes dans l'obligation de désobéir". 
Je ne sais pas si c'est à cause de mon injonction ou non, mais nous n'aurons plus d'autre gazage au lacrymo.

C'est un peu plus tard vers 20 h que les organisateurs vont décider un passage en force. Il vont d'abord nous demander de nous lever et de nous serrer le plus possible les uns contre les autres. Un cordon sanitaire dont je fais parti se forme tout autour de la cohorte, pour protéger les veilleurs tant des casseurs que des flics. Et la cohorte commence à avancer lentement vers les flics, se frayant un passage au milieu des casseurs. Cinq milles veilleurs avancent vers les CRS ; cinq milles qui ne reculeront pas quoiqu'il arrive, et qu'importe les matraques et les gazes. Puis la cohorte s'arrête net à une jetée de pierre des flics et se rassoit. Comme il n'y a aucun acte d'agressivité, les flics n'osent pas nous charger. Le rapport de force commence de qui partira le premier entre eux et nous. Et devinez qui va gagner ?

Alors commence la nuit des veilleurs proprement dite, face à une double rangée de CRS bardés comme des légionnaires Romains. 
Les prises de paroles vont se suivre, alternant poésie, philosophie, paroles et textes de grands auteurs, le tout à la lueur des bougie qui foutent une sacrée ambiance. 
Je dois dire que j'ai vécu alors une conversion, et même une sacrée conversion : un jeune homme très jeune a commencé à nous dire qu'il ne fallait pas être violent ; que la force de l'esprit vaut plus que force ni que rage. Qu'il ne faut pas chercher à convaincre, mais au contraire chercher à comprendre ce qu'il y a de vrai dans ce que disent nos opposants. Les écouter quand ils veulent bien parler, chercher le point commun. Je me suis alors brusquement rendu compte que je n'étais pas assez propre pour être à la hauteur des veilleurs, que j'avais encore tout un abîme de noirceur. Que trop souvent je fais du mauvais humour ou de l'humour gratuit, que je fais le fanfaron, que je n'écoute pas les autres, ou que sous un discours doucereux qui se veut soit disant conciliant, je cherche en fait à écraser l'autre. Je me suis rendu compte que j'ai de la haine pour Hollande, Walls et Taubira alors que je devrais au contraire chercher à les aimer comme mes propre enfants. Et puis Jésus ? Dans l'excitation de la manif j'ai quelque peu oublié Jésus alors qu'il ne faut jamais le lâcher. La prière d'une main et le glaive de l'autre. 

Minuit trente. Cette fois-ci c'est bon il n'y a plus de RER. Je suis bon pour passer une nuit blanche avec les veilleurs. 
Quelque temps plus tard, les CRS lâchent prise et regagne leur caserne. 
Et nous, alors, on se lèvent, et l'on gagne tranquillement les abords du palais de l'Elysée, où l'on passera le restant de la nuit, en attendant le petit matin…..et quelques visites inopinées.



LA NUIT DES VEILLEURS. 


Au petit matin encore dans la grisaille et les premier oiseaux qui chantent, deux cars de CRS qui débarquent. Puis c'est le commissaire commandant des CRS qui arrive en personne. Un petit bonhomme vif et rapide, mais un personnage extraordinaire, avec une tête indescriptible, hors du commun. La douceur et la violence tout à la fois. Rien qu'à le regarder, tu es mort. comment peut-on être commandant des CRS ? quel destin tellement éloigné du mien que ça m'en donne le vertige ? Quand les CRS commencent à se mettre lentement autour de nous, l'angoisse nous saisi. Pendant vingt minutes qui vont durer une éternité, on pense qu'on va se faire matraquer, entraîner comme des bestiaux, garde-à-vue, inculpation, prison. Très calmement et lentement, une jeune fille à peine sorti de l'enfance avec un mégaphone nous dit avec un sang froid incroyable : " Maintenant, pour votre sécurité rasseyez-vous......VITE. Ce simple mot : "VITE" prononcé lentement d'une voix tranquille se voulant rassurante m'a glacé des pieds à la tête, car il était l'aveux, et je l'entendrai jusqu'à la fin de mes jours. Puis elle a continué d'une voix toujours calme et tranquille :  "Serrez les rangs le plus possible, serrez-vous encore plus, encore. Mettez-vous tous bras dessus bras dessous, de façon à ne plus faire qu'un seul bloc". A ma droite une jeune fille s'excuse de sa familiarité et me passe le bras ; pareille à ma gauche. Je les sent trembler de peur de tout leur corps au point de me démettre l'épaule, mais ils restent. Moi, je suis angoissé ; comment ne pas l'être ? mais je n'ai pas peur. Ce sont eux qui sont courageux puisqu'ils doivent affronter leur peur. Et puis moi les coups et la violence, je connais ; je connais ce goût de sang que l'on ressent à la racine du nez quand on reçoit un coup. Je voudrais boire toute leur peur, mes chéris d'amour. Je voudrais prendre tous les coups et toute la violence à leur place. Ils le sentent et se pelotonnent contre moi comme des petits bébés qu'ils sont encore, finalement. Maintenant et sans qu'on ait à nous le dire, on se renverse en arrière couchés les uns sur les autres. Nous sommes cinq cent et ils se passe alors un phénomène extraordinaire : Très au-delà du sexuel, nous ne sommes plus qu'un seul et immense corps et un seul esprit. Au sens propre du terme, la messe est dite. Les Veilleurs ont vu le jour, et Nightingale va commencer à chanter. 

Philippe
Admin

Messages : 37
Date d'inscription : 03/08/2010
Age : 68
Localisation : Maisons Laffitte

http://leschretienspourtous.monalliance.com

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum